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Société historique du 10e arrondissement affiliée à la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Île-de-France

Pour nous rencontrer : le jeudi de 16h à 18h30 (sauf vacances scolaires et jours fériés)
Mairie du 10e, 72 rue du Faubourg-Saint-Martin 75475 Paris Cedex 10
01 53 72 12 97 (répondeur)
hv10@club.fr
Site : hv10.org
Site créé le : 29 mai 2005 Mis à jour le : 9 juillet 2008
© hv10
La permanence du jeudi au bureau d'HV10 est fermée pendant les mois de juillet et août, réouverture en septembre. Bon été !

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 | Les 2 derniers articles |  |
En ces temps-là, on fêtait la Mi-Carême .... *
Mi-Carême : Char du Comité des Fêtes du 10e en 1912 En 1912 (date inscrite sur la carte), c'en est déjà fini de la fête d'antan, Carnaval est mort et avec lui les folles cavalcades d'une foule en délire, déguisée et masquée, vivant les jours gras de la semaine précédant le carême (du jeudi gras au mercredi des Cendres) dans une orgie effrénée de nourritures et de boissons. C'était la descente de la Courtille qui marquait le gigantesque point final du défilé populaire dit du « Boeuf gras » avec ses débauches en tout genre, ses lancers jusqu'à l'écœurement de mets les plus variées, ses jets de farine, d'ordures, de confettis et de serpentins.
La cavalcade descendait la Haute-Courtille (rue de Belleville), passait par la Barrière de La Courtille (ou de Belleville), empruntait la Basse-Courtille (rue du Faubourg-du-Temple), où se trouvaient les bals champêtres, les guinguettes et les cabarets populaires qui attiraient le tout Paris des nantis venus s'encanailler ces jours-là avec le peuple des faubourgs. Les plus célèbres de ces cabarets étaient Le Tambour Royal du sieur Ramponneau et La Courtille (plus tard la Cour de la Grâce-de-Dieu) de son rival Gilles Desnoyers (Courti, vieux mot picard, désignant un jardin champêtre où l'on aimait se divertir et boire les jours de fête). Le défilé aboutissait ensuite à la place du Château-d'Eau (Place de la République), puis s'engouffrait dans les Grands Boulevards, et se dispersait enfin, la nuit venue, dans la liesse générale.
Au cours du 19ème siècle, les barrières des octrois disparaissent, et avec elles est morte la descente en liberté et inorganisée de la Courtille. Dès 1890-1900, la fête devient policée, réglementée et organisée. Elle est alors prise en main par les groupements patronaux du Commerce et de l'Alimentation et par des Comités d'organisation de cortèges de Mi- Carême (sur la carte, le Comité des Fêtes du 10e arrondissement). On ne dévore plus que des yeux les oies grasses, les bœufs, les cochons, et de plus ils sont en carton-pâte avec de grosses têtes en fausse citrouille ou en faux fromage. Les chars qui défilent évoquent encore les grands festins populaires d'autrefois; ils représentent allégoriquement l'Alimentation, la Cuisine, la Charcuterie, etc. Les chars publicitaires commencent à arriver et la réclame puis la publicité vont alors envahir la rue !
Le char, que l'on voit sur la carte, symbolise l'Abondance régnant sur le monde (femme ailée avec sa corne d'abondance et derrière elle une mappemonde), il est encadré de gardes républicains à cheval et de membres municipaux de surveillance qui séparent à présent le public du spectacle. La foule est massée bien sagement sur les trottoirs (peut-être la rue du Faubourg-du-Temple), les balcons sont peuplés de monde et décorés de drapeaux.
Pourtant la Mi-Carême, bien que totalement sous le contrôle des autorités préfectorales, représente encore la fête avec ses gigantesques défilés spectaculaires de chars et de landaus regroupant quelque 1500 figurants s'étalant sur plus de trois kilomètres et durant un minimum de six heures. Voici, comment en ce début de siècle, le journal La Paix décrivait notre arrondissement à l'heure joyeuse de la Mi-Carême : « Au départ de la Villette, comme à l'hôpital Lariboisière et dans les ateliers de la gare du Nord, les toits sont couverts de curieux, les charpentes d'une maison en construction plient sous le poids des enragés qui s'y sont logés… ». En ces temps-là, on savait faire la fête dans la rue ! **
Jeannine CHRISTOPHE * Article paru dans La Gazette du Canal n° 11, mars-avril 1995. ** Aujourd'hui un Carnaval renaît dans Paris empruntant presque le même itinéraire que celui décrit dans cet article.
La foule sur les Grands Boulevards un jour de Mi-Carême
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En ces temps-là, on fêtait la Mi-Carême .... *
Mi-Carême : Char du Comité des Fêtes du 10e en 1912 En 1912 (date inscrite sur la carte), c'en est déjà fini de la fête d'antan, Carnaval est mort et avec lui les folles cavalcades d'une foule en délire, déguisée et masquée, vivant les jours gras de la semaine précédant le carême (du jeudi gras au mercredi des Cendres) dans une orgie effrénée de nourritures et de boissons. C'était la descente de la Courtille qui marquait le gigantesque point final du défilé populaire dit du « Boeuf gras » avec ses débauches en tout genre, ses lancers jusqu'à l'écœurement de mets les plus variées, ses jets de farine, d'ordures, de confettis et de serpentins.
La cavalcade descendait la Haute-Courtille (rue de Belleville), passait par la Barrière de La Courtille (ou de Belleville), empruntait la Basse-Courtille (rue du Faubourg-du-Temple), où se trouvaient les bals champêtres, les guinguettes et les cabarets populaires qui attiraient le tout Paris des nantis venus s'encanailler ces jours-là avec le peuple des faubourgs. Les plus célèbres de ces cabarets étaient Le Tambour Royal du sieur Ramponneau et La Courtille (plus tard la Cour de la Grâce-de-Dieu) de son rival Gilles Desnoyers (Courti, vieux mot picard, désignant un jardin champêtre où l'on aimait se divertir et boire les jours de fête). Le défilé aboutissait ensuite à la place du Château-d'Eau (Place de la République), puis s'engouffrait dans les Grands Boulevards, et se dispersait enfin, la nuit venue, dans la liesse générale.
Au cours du 19ème siècle, les barrières des octrois disparaissent, et avec elles est morte la descente en liberté et inorganisée de la Courtille. Dès 1890-1900, la fête devient policée, réglementée et organisée. Elle est alors prise en main par les groupements patronaux du Commerce et de l'Alimentation et par des Comités d'organisation de cortèges de Mi- Carême (sur la carte, le Comité des Fêtes du 10e arrondissement). On ne dévore plus que des yeux les oies grasses, les bœufs, les cochons, et de plus ils sont en carton-pâte avec de grosses têtes en fausse citrouille ou en faux fromage. Les chars qui défilent évoquent encore les grands festins populaires d'autrefois; ils représentent allégoriquement l'Alimentation, la Cuisine, la Charcuterie, etc. Les chars publicitaires commencent à arriver et la réclame puis la publicité vont alors envahir la rue !
Le char, que l'on voit sur la carte, symbolise l'Abondance régnant sur le monde (femme ailée avec sa corne d'abondance et derrière elle une mappemonde), il est encadré de gardes républicains à cheval et de membres municipaux de surveillance qui séparent à présent le public du spectacle. La foule est massée bien sagement sur les trottoirs (peut-être la rue du Faubourg-du-Temple), les balcons sont peuplés de monde et décorés de drapeaux.
Pourtant la Mi-Carême, bien que totalement sous le contrôle des autorités préfectorales, représente encore la fête avec ses gigantesques défilés spectaculaires de chars et de landaus regroupant quelque 1500 figurants s'étalant sur plus de trois kilomètres et durant un minimum de six heures. Voici, comment en ce début de siècle, le journal La Paix décrivait notre arrondissement à l'heure joyeuse de la Mi-Carême : « Au départ de la Villette, comme à l'hôpital Lariboisière et dans les ateliers de la gare du Nord, les toits sont couverts de curieux, les charpentes d'une maison en construction plient sous le poids des enragés qui s'y sont logés… ». En ces temps-là, on savait faire la fête dans la rue ! **
Jeannine CHRISTOPHE * Article paru dans La Gazette du Canal n° 11, mars-avril 1995. ** Aujourd'hui un Carnaval renaît dans Paris empruntant presque le même itinéraire que celui décrit dans cet article.
La foule sur les Grands Boulevards un jour de Mi-Carême

L’ELDORADO LE CAFÉ-CONCERT DU BOULEVARD DE STRASBOURG.
par Bernard Vassor, voir sur le site "Autour du père Tanguy" à la page : BALS ET GUINGUETTES

Avant d'être remarquée par Offenbach, Magdeleine, dite Zulma Bouffar se produisit à l'Eldorado.
À peine inauguré, le boulevard de Strasbourg vit s’installer un café-concert dès 1858. Le succès ne fut pas tout de suite au rendez-vous. Trois directeurs y firent successivement faillite. Des règles strictes régissaient les salles publiques sous Napoléon III, des duos comiques devaient alterner avec des chansons niaises et patriotardes. L’usage voulait que la police oblige que l’avant-scène fut formé « en corbeille », un groupe de figurantes en grande toilette et jouant de l’éventails. Les chanteurs et chanteuses devaient être en habits noirs et il était interdit aux chanteurs de danser, de mimer, ou d’apporter en scène des accessoires, parapluies, cannes ou faux cols excentriques sous peine d’amende ! Mademoiselle Judic qui chantait "Comme ça pousse", succéda à mademoiselle Cornélie de la Comédie -Française qui vint déclamer "Le songe d'Athalie"

Puis, ce fut Thérésa qui fit les beaux jours du café-concert avec des chansons idiotes : "C'est dans l'nez que ça m'chatouille ", "La femme à barbe" et : "Rien n'est sacré pour un sapeur" qui firent tordre de rire la France entière !!!! Jules Leter avec sa voix de baryton chantait « l’Amitié des hirondelles ». Blanche d’Antigny, reine de la bicherie, s’exhibait sur scènes avec des toilettes et des bijoux tapageurs. La chanteuse La Bordas et la chanteuse Amiati rivalisèrent de chants patriotiques. Pendant la Commune, la Bordas se fit révolutionnaire en chantant "La Canaille" et "la Marseillaise", mais revint bien vite après la Commune au chants revanchards bien vus par le nouveau pouvoir en place.
Ils firent aussi les beaux jours de l’Eldorado
Marcel Legay y fit ses débuts de chansonnier dans les années 1880. Maurice Donnay tourna mal et eut une fin misérable : il obtint d'abord les palmes académiques, puis termina ses jours en habit vert.
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L’ELDORADO LE CAFÉ-CONCERT DU BOULEVARD DE STRASBOURG.
par Bernard Vassor, voir sur le site "Autour du père Tanguy" à la page : BALS ET GUINGUETTES

Avant d'être remarquée par Offenbach, Magdeleine, dite Zulma Bouffar se produisit à l'Eldorado.
À peine inauguré, le boulevard de Strasbourg vit s’installer un café-concert dès 1858. Le succès ne fut pas tout de suite au rendez-vous. Trois directeurs y firent successivement faillite. Des règles strictes régissaient les salles publiques sous Napoléon III, des duos comiques devaient alterner avec des chansons niaises et patriotardes. L’usage voulait que la police oblige que l’avant-scène fut formé « en corbeille », un groupe de figurantes en grande toilette et jouant de l’éventails. Les chanteurs et chanteuses devaient être en habits noirs et il était interdit aux chanteurs de danser, de mimer, ou d’apporter en scène des accessoires, parapluies, cannes ou faux cols excentriques sous peine d’amende ! Mademoiselle Judic qui chantait "Comme ça pousse", succéda à mademoiselle Cornélie de la Comédie -Française qui vint déclamer "Le songe d'Athalie"

Puis, ce fut Thérésa qui fit les beaux jours du café-concert avec des chansons idiotes : "C'est dans l'nez que ça m'chatouille ", "La femme à barbe" et : "Rien n'est sacré pour un sapeur" qui firent tordre de rire la France entière !!!! Jules Leter avec sa voix de baryton chantait « l’Amitié des hirondelles ». Blanche d’Antigny, reine de la bicherie, s’exhibait sur scènes avec des toilettes et des bijoux tapageurs. La chanteuse La Bordas et la chanteuse Amiati rivalisèrent de chants patriotiques. Pendant la Commune, la Bordas se fit révolutionnaire en chantant "La Canaille" et "la Marseillaise", mais revint bien vite après la Commune au chants revanchards bien vus par le nouveau pouvoir en place.
Ils firent aussi les beaux jours de l’Eldorado
Marcel Legay y fit ses débuts de chansonnier dans les années 1880. Maurice Donnay tourna mal et eut une fin misérable : il obtint d'abord les palmes académiques, puis termina ses jours en habit vert.

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